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Pourquoi Laxey multiplie les cibles helvétiques

Vendredi, mai 23rd, 2008

Après Implenia, le fonds britannique a dans son viseur Publi Groupe, Vögele et Swissmetal. Un Bâlois se cache derrière ces mouvements.#Par Mary Vakaridis - Bilan No.246 - 26.03.2008

« Nous accueillons avec bienveillance Laxey en tant que nouvel actionnaire, comme nous le faisons avec tous ceux qui croient dans notre entreprise.» Directeur de Publi Groupe, Hans-Peter Rohner ne fera pas d’autre commentaire. Le fonds alternatif britannique a acquis 5% du capital de la régie en février. Depuis, ce nom a fait les grands titres des journaux. Laxey a été épinglée par la Commission fédérale des banques. L’organe de contrôle lui reproche des pratiques «illégales» lui ayant permis de dissimuler la hauteur réelle de sa participation au sein du groupe de construction Implenia.

L’homme qui a amené Laxey en Suisse s’appelle Roger Bühler. Ce diplômé de l’Université de Bâle a débuté sa carrière à Zurich avant d’entrer chez Laxey, à Londres. Ceux qui ont eu maille à partir avec ce financier de 35 ans le qualifient volontiers de «requin». Un observateur use d’un euphémisme: «Les méthodes de Laxey sont très extrêmes.»

«Actuellement, les investisseurs se montrent sceptiques face à la presse traditionnelle. Les médias et la publicité sont faiblement évalués par rapport aux autres secteurs, autant en Europe qu’aux Etats-Unis, explique Hans-Peter Rohner. Laxey estime donc, apparemment, que les titres Publi Groupe présentent un potentiel intéressant.» C’est pour la même raison que le groupe basé à Lausanne a attiré l’attention d’investisseurs internationaux, bien qu’il s’agisse d’un nain à l’échelle mondiale, avec 2880 employés dans 25 pays et tout juste 2 milliards de chiffre d’affaires. Des fonds américains et britanniques détiennent déjà des participations de 5 à 10%.

Swissmetal, un cas peu probant
Laxey s’est fait connaître ici comme actionnaire de Saurer. Le fonds a voulu forcer le fabricant de machines thurgovien à améliorer sa rentabilité. Puis il a revendu sa part aux Autrichiens de Victory, ce qui a fait passer Saurer dans le giron d’OC Oerlikon. Laxey a réalisé une plus-value spectaculaire de 40% dans l’opération. Grâce à Roger Bühler, qui s’est sans doute retrouvé avec une carte blanche sur la Suisse.

La réussite est moins probante dans le cas du groupe métallurgique soleurois Swissmetal, dont Laxey contrôle 32,9%. Le fonds est entré dans le capital lors de la grève des ouvriers de la Boillat, à Reconvilier (JU). Des circonstances qui lui assuraient d’acheter au plus bas. Mais les titres tardent à retrouver les sommets.

René Weber, de la Banque Vontobel, est plus positif sur l’investissement dans Vögele. Laxey s’est associé à Cheyne Capital, à Londres, et à Sterling, la société du financier tessinois Tito Tettamanti, pour acquérir 20,6% de la chaîne de magasins de mode schwytzoise. Selon l’analyste, les perspectives de croissance en Europe de l’Est sont prometteuses et l’entrée de Migros dans le capital laisse entrevoir la possibilité d’une OPA, avec des bénéfices à la clé pour les actionnaires. B