Fini l’envolée, l’immobilier recule dans l’arc lémanique
Jeudi, avril 3rd, 2008Si le prix des villas et des appartements connaît un coup d’arrêt sur les rives du Léman, le reste de la Suisse romande paraît moins concerné. La chute des bourses et la hausse des prêts hypothécaires commencent à faire sentir leurs effets. Par Nicolas Pinguely et Jean-Raphaël Fontannaz#
La chute des bourses et le ralentissement qui menace refroidissent les ardeurs des acheteurs. En particulier sur l’arc lémanique. «Il y avait jusqu’à récemment deux pages de transactions immobilières dans la feuille d’avis officielle, contre à peine une demie aujourd’hui.» Promoteur chez Socogestar, à Genève, Stéphane Keller illustre ainsi la baisse du nombre d’achats et de ventes de maisons qu’il observe depuis quelques mois.
Conséquence directe: les prix ont cessé de monter… et commencent même à reculer. Il faut dire que la progression a été fulgurante depuis le début des années 2000. «Nos évaluations montrent des hausses jusqu’à 100% sur Genève. Les gains de valeur dépassent régulièrement les 50% sur l’arc lémanique», constate Christelle Bérard, responsable romande du Centre d’informations et de formation immobilière ( CIFI).
Recul sur le segment spéculatif
«Le marché immobilier se trouve à son apogée et il aurait été irresponsable qu’il continue à grimper depuis les niveaux actuels», estime pour sa part Jos von Arx, patron de la société de conseil Onebanker. Le vent de la crise immobilière des subprime, des taux hypothécaires en hausse (lire l’encadré), la chute des bourses et la récession qui menace aux Etats-Unis commencent à faire sentir leurs effets.
Toute la gamme des biens immobiliers n’est cependant pas touchée de la même manière. Le ralentissement concerne principalement le segment le plus spéculatif: les maisons dont le prix s’échelonne de 1,5 million à 3,5 millions, le cœur du marché. «Les cadres bancaires ou des sociétés internationales, ceux dont le salaire peut dépasser 500?000 francs, deviennent plus prudents», explique Stéphane Keller. Parfum de crise.
«La hausse des prix devrait certes s’essouffler, nuance
Fredy Hasenmaile, responsable de l’analyse immobilière au Credit Suisse, mais dans la région lémanique, en tout cas, l’offre n’arrive toujours pas à suivre la demande.» Les banques cherchent toutefois à se prémunir. Elles sont devenues plus attentives dans l’octroi de crédits hypothécaires. Logique: il n’est pas rare qu’un propriétaire qui a acheté une villa 1,5 million en 2000 la propose aujourd’hui à 3 millions à la vente. «Mais la valeur de gage d’un bien de ce type se situe plutôt aux alentours de 2,3 millions», analyse Stéphane Keller. Dès lors, les établissements bancaires demandent à l’acheteur davantage de fonds propres. Elles ne le financent qu’à hauteur de 80% des 2,3 millions.
Ces restrictions expliquent le refroidissement actuel. Les prix ont commencé à reculer. «Un appartement de 200 m2 à Satigny n’a pas trouvé preneur pour 1,5 million de francs, rapporte un spécialiste hypothécaire d’une grande banque genevoise. Il est actuellement à vendre à 1,4 million.» Au vu de la morosité ambiante, il n’est pas certain qu’il trouve facilement un acquéreur. Sauf peut-être à 1,2 million…
Baisse en France voisine
L‘immobilier a aussi entamé une décrue en France voisine. «De 10% à 15%, estime le professionnel. L’équivalent d’une année de hausse de prix a été nettoyée depuis l’été 2007.» Mais la situation n’a rien de dramatique. Par comparaison, le marché espagnol abandonne jusqu’à 30%. En fait, ce recul touche les nouvelles constructions. En effet, rares sont les propriétaires désireux de se séparer de leur appartement avec la récente baisse. Le marché immobilier romand ne se résume pas à l’arc lémanique. Loin s’en faut. Ces dernières années, la hausse a également été la norme à Fribourg, Neuchâtel, Yverdon ou Sion. Mais de manière moins explosive qu’à Nyon ou Rolle. «Les prix ne sont pas montés partout de manière uniforme», confirme Emmanuel Mettraux, responsable de l’immobilier pour la Suisse romande à UBS. «Nos analyses montrent que, sorti de l’arc lémanique, seules certaines communes ont connu de fortes progressions, mais généralement à ces niveaux de prix plus faibles», confirme Christelle Bérard.
Le marché semble aujourd’hui devoir prendre une pause. «Sur la région nord-vaudoise, Neuchâtel, Fribourg, on table sur une stabilisation», ajoute Emmanuel Mettraux. La vigueur immobilière de ces dernières années n’a pas fait déraper les prix et les objets intéressants existent. A l’exemple de Châtel-Saint-Denis, situé à trente minutes de Lausanne. «Là-bas, un appartement de 100 m2 revient à environ 450?000 francs, ce qui est tout à fait raisonnable.» Bref, les familles prêtes à sortir des agglomérations peuvent encore trouver leur bonheur. Un pari auquel de nombreuses personnes aujourd’hui réfléchissent, à l’heure où les loyers prennent l’ascenseur.
Crise ou ralentissement?
Quelles perspectives pour 2009? La situation va s’avérer plus délicate. Dans le pire des scénarios, une crise immobilière surviendra si la conjoncture venait à fortement ralentir, ou si l’inflation et les taux grimpaient fortement.
Dans ce cas, les acheteurs et les promoteurs seraient à coup sûr refroidis. «Mais on ne prévoit rien de tel», affirme Emmanuel Mettraux. «Nous tablons sur une stabilisation des prix, sauf pour les résidences secondaires qui devraient encore renchérir», complète Fredy Hasenmaile. Foi de banquiers.
Ronde hypothécaire en vue
Une hausse des taux hypothécaires est prévisible. Mais elle devrait rester modérée. En début d’année, la
Banque Cantonale Vaudoise (BCV) a déjà donné le ton en annonçant pour le 1er mars l’augmentation d’un quart de point, à 3,50%, de son taux variable. Le mouvement risque de faire désormais tache d’huile. Car tout laisse présager que, pour lutter contre l’inflation, la Banque nationale suisse (BNS) va, jeudi 13 mars prochain, relever ses taux directeurs. Cela pourra initier une nouvelle ronde des taux. «Si la BNS fait le pas, nous adapterons nos taux d’un quart de point», confirme Jean-Daniel Papilloud, directeur général de la Banque Cantonale du Valais. Mais, même à 3,50%, les taux variables restent à un niveau historiquement (très) bas.
La preuve 7 ans plus tard
Les prévisions immobilières restent des châteaux de sable. Faut-il acheter? Les prix sont-ils au sommet? Bilan compare les valeurs 2001 avec les chiffres actuels. Surprise: la surchauffe n’a pas touché les régions.
Par Jean-Raphaël Fontannaz
L’exercice est peu commun, mais il se révèle plus qu’intéressant. Pour le propriétaire, comme pour l’acheteur potentiel, la crainte est toujours d’acquérir son bien immobilier à un mauvais moment. Au sommet de la courbe. Juste avant l’éclatement d’une bulle.
En mai 2001, Bilan avait publié un dossier fouillé, préconisant d’investir dans la pierre. Après sept ans (de vaches grasses), le conseil s’est révélé plus que judicieux pour les propriétaires de l’arc lémanique. L’avis s’avère plus mitigé pour les résidents valaisans, fribourgeois ou neuchâtelois. Quant aux Jurassiens, qu’ils soient du Nord ou du Sud, l’achat immobilier n’est, pour l’heure en tout cas, toujours pas source de plus-value (lire le détail par canton dans les pages suivantes). Le regard rétrospectif confirme plusieurs fondamentaux. Tout d’abord, l’immobilier helvétique est un amalgame de très petits marchés régionaux, voire locaux. Ensuite, le privilège «sacré» de la situation s’est encore renforcé: les zones économiquement fortes ont dégagé des gains en valeur plus que substantiels. Jusqu’à doubler en sept ans. En revanche, la périphérie reste toujours plus aléatoire. Cet écart s’est d’ailleurs amplifié. En 2001, une maison individuelle comparable passait du simple au triple entre les emplacements les plus prisés et les localisations les moins favorables. Aujourd’hui, la différence relève d’un facteur 5!
Enfin, même dans les régions à forte plus-value, rien n’indique un risque de bulle immobilière. Certes, les prix sont actuellement élevés sur Genève et l’arc lémanique. Un tassement momentané ne peut être exclu. Mais les experts faisaient les mêmes réserves en 2001. Depuis, les valeurs y ont gagné de 50 à 100%! «En chiffres réels, sur l’ensemble de la Suisse, les prix de la propriété se situent au niveau atteint quatre ans (pour les appartements), voire sept ans (villas) avant la crise immobilière des années 1990», conclut
Fredy Hasenmaile, du Credit Suisse.
Les objets types de Bilan
Comme en 2001, la villa test évaluée par le CIFI est une résidence principale bien située dans sa commune et disposant de 700 m2 de terrain. Construite en 1970, elle a été complètement rénovée vingt ans plus tard. En bon état, elle offre 5½ pièces (780 m³) réparties sur 140 m2 de surface habitable nette, avec deux salles de bains, un garage séparé et une place de parc extérieure.
Par ailleurs, Bilan compare aussi (données sur Internet) une villa mitoyenne contiguë au milieu. Elle propose la même surface habitable et un volume approchant (740 m³), mais réparti sur cinq pièces. Construite en 1997, en très bon état, elle est entourée de 230 m2 de terrain et dispose d’un garage souterrain ainsi que de deux places de parc.
Enfin, l’appartement type est un 4½ pièces dans un petit immeuble de six logements bâti en 1995. Il offre 115 m2 sur un étage, plus 20 m2 de balcon. Lui aussi est doté de deux salles d’eau.
Vaud gagnant même en périphérie
Les Vaudois qui ont investi dans la pierre ont fait une excellente affaire. Même dans les régions excentrées. La plus-value peut atteindre deux tiers du prix initial!
Les plus fortes progressions
A Founex toujours, l’objet de référence a augmenté de 64% en sept ans. Rolle (+57%) et Crans-près-Céligny (+56%) affichent presque autant de plus-value. Le bonus est encore de moitié à Pully, Saint-Prex et Saint-Sulpice. A l’autre bout, la progression a été d’une quinzaine de pour-cent à Bex ou Moudon. C’est à Payerne que l’investissement s’avère le moins profitable: 6% sur sept ans. C’est inférieur à une inflation pourtant très faible, mais l’objet a tout de même compensé la perte de valeur liée à sa plus grande vétusté.
Les meilleures situations
Clairement: Terre-Sainte et le district de Nyon. Ces régions profitent de l’effet d’aspirateur de la proximité genevoise. A Founex, la villa type vaut plus de 1,3 million de francs. Soit deux fois et demie de mieux qu’une maison identique sise à Vallorbe, Bex ou Sainte-Croix. Gain de valeur depuis 2001: plus d’un demi-million de francs.
L’avis de l’expert
«Il faut vraiment aller dans les régions les plus périphériques pour que l’investissement immobilier n’ait pas dégagé, en sept ans, une confortable plus-value. La preuve: même dans la banlieue très populaire de Renens, la villa considérée a gagné un quart de valeur!», constate Christelle Bérard, du CIFI.
Le regard rétrospectif
En 2001, les professionnels se refusaient à parler de boom immobilier. Tout au plus reconnaissaient-ils un «marché constructif», même dans l’arrière-pays. A l’évidence, leur analyse a plus que «déçu en bien». L’embellie vaudoise s’est clairement avérée.
Les autres objets
Les villas mitoyennes ont dégagé des hausses encore plus conséquentes. Jusqu’à 75% à Founex (+545′000 francs). Même à Payerne, l’amélioration atteint 14% (+67′000 francs). Pour les appartements en PPE, l’évolution des prix colle à la courbe des villas. Le gain dépasse les 50% à Founex, Crans et Rolle.
Valais une explosion réservée aux stations
Il y a deux marchés immobiliers en Valais: les stations où il n’y a presque plus de limites et la plaine où les prix sont restés étonnamment stables.
Les meilleures situations
Pour une vision claire, il faut laisser de côté les stations huppées comme Zermatt, Saas Fee, Loèche-les-Bains ou Crans-Montana. Dans ce dernier cas, comme pour Verbier fondue dans Bagnes, l’arrière-pays communal lisse les valeurs. Surprise: Port-Valais devient l’une des situations les plus en vue du canton. Probablement l’effet du complexe de la Marina.
Les plus fortes progressions
Depuis 2001, outre le boom de Port-Valais (+49%) et de Zermatt (+43%), les valeurs ont progressé de plus d’un tiers à Val- d’Illiez, à Fully, mais aussi en montagne, à Evolène ou à Vollèges. A l’inverse, le marché est atone en plaine: à Vétroz, Veyras et Grimisuat, les prix n’ont pratiquement pas changé. Idem aussi à Sion et à Sierre où la progression est inférieure à l’inflation cumulée.
L’avis de l’expert
«Dans la plaine du Rhône, l’offre de terrains reste abondante et le marché de la villa individuelle est tenu par les entreprises de construction générale. Ces deux éléments contiennent les prix. Avec cette activité très soutenue dans le bâtiment, il n’y a donc pas eu d’envolée conséquente», juge Christelle Bérard, du CIFI.
Le regard rétrospectif
Les professionnels prédisaient une flambée des prix en station: ils ont eu parfaitement raison. Ils annonçaient un renchérissement important dans la plaine. Cette hausse ne s’est pas vraiment confirmée.
Les autres objets
De construction plus récente, la villa mitoyenne type dégage partout une meilleure plus-value que la maison individuelle. La fourchette des hausses varie entre 60% (Port-Valais) et presque 10% (Veyras et Vétroz). Les appartements en PPE progressent plus modérément. Seule exception: Vétroz où le 4½ pièces a perdu 1% par rapport à 2001.
Fribourg une évolution plus que raisonnable
Malgré quelques frémissements, le marché immobilier fribourgeois conserve une très grande stabilité. Le canton n’est définitivement pas le lieu où spéculer.
Les meilleures situations
Avec sa situation idyllique au bord du lac de Morat, Meyriez reste la situation la mieux valorisée. C’est la seule commune (avec l’étonnante La Roche, cf. ci-dessous) où la plus-value en sept ans dépasse 100′000 francs. Sur cette durée, les prix n’ont que peu bougé. Exceptions: Gruyères (un peu), mais surtout Romont et Givisiez où la villa type a nettement perdu en valeur (jusqu’à –48′000 francs).
Les plus fortes progressions
L’immobilier s’est fortement valorisé à La Roche. Plusieurs promotions ont revalorisé ce village dominant le lac de la Gruyère. Il est le seul à présenter une augmentation spectaculaire (39%) qui le remet au niveau de sa région. Ailleurs, c’est au mieux 18%, à Marly.
L’avis de l’expert
«Pour les prix immobiliers, Fribourg reste d’une stabilité qui étonne au vu de sa position centrale, proche de la frontière des langues et, avec encore l’autoroute A1, extrêmement bien desservie. C’est peut-être le reflet d’une faiblesse persistante des revenus moyens dans le canton», suggère Christelle Bérard, du CIFI.
Le regard rétrospectif
«Toutes les tendances sont orientées à la hausse, avec des pics à Fribourg et à Bulle»: ces prédictions ne se sont pas concrétisées. Décrit en 2001 comme le modèle de l’évolution raisonnable, le canton de Fribourg est resté fidèle à cette appréciation.
Les autres objets
Même plus rare sur Fribourg, la villa mitoyenne récente performe mieux que la maison individuelle des années 1970. La prise de valeur est partout plus conséquente. Givisiez est la seule commune où ce genre d’objet a très légèrement fléchi (–1%). A l’image des villas, les appartements en PPE suivent une courbe haussière très sage.
Neuchâtel les prix s’équilibrent sur le Littoral
A part sur l’ouest du Littoral, les plus-values restent modestes à Neuchâtel. Le Locle se distingue par une perte de valeur marquée.
Les meilleures situations
Le Littoral reste la situation neuchâteloise la plus attrayante. La même maison vaut presque deux fois plus à Auvernier qu’au Locle. Mais, en sept ans, les prises de valeur restent circonscrites. Rares sont les localités où l’objet a gagné plus de 50′000 francs. Colombier est juste au-dessus de cette barre. La palme va à Hauterive (+85?000 francs) et, surtout, à Cortaillod (+128′000 francs). En revanche, le prix s’est affaissé dans une demi-douzaine de communes. Si la perte n’est pas trop significative à La Chaux-de-Fonds (–6′000 francs) ou à La Brévine (–9′000 francs) et aux Bayards (–12′000 francs), elle devient vraiment très conséquente au Locle (–51′000 francs).
Les plus fortes progressions
La localisation de Cortaillod affiche la plus-value la plus marquée (+21%), devant Hauterive (+13%). Partout ailleurs, la situation est très calme avec des évolutions limitées entre –3% et +5%. Exception notable: Le Locle où la maison type a vu sa valeur régresser de 11% depuis 2001.
L’avis de l’expert
«Dans des cas comme Cortaillod ou Hauterive, il s’agit de mise à niveau par rapport aux localités voisines. Avec la rareté du terrain à bâtir, les prix des objets existants ont tendance, dans une même région, à s’égaliser», explique Christelle Bérard, du CIFI.
Le regard rétrospectif
Les spécialistes de l’immobilier s’inquiétaient de prix devenant très élevés et qui freineraient les acquisitions. Le recul du temps montre en tout cas qu’il y a eu un coup d’arrêt sur les plus-values. En revanche, les prédictions liées au Locle («les prix y sont toujours en chute») se sont avérées.
Les autres objets
Sur Neuchâtel, le marché de la villa mitoyenne est nettement plus porteur que celui de la maison individuelle. Les améliorations de valeur sont plus fortes et, à part Le Locle, aucune autre baisse n’est enregistrée.
Un constat identique peut être tiré pour les appartements en PPE avec la même exception locloise (–37′000 francs), rejointe par Les Bayards où le 4½ pièces a baissé de 11′000 francs en sept ans.
Jura/Berne la pierre ne paie pas
Dans le Jura et le Jura bernois, les valeurs immobilières ne se sont pas améliorées depuis 2001. Tant s’en faut. A Boncourt, la chute frise même les 20%.
Les meilleures situations
Dans la partie francophone de Berne, les valeurs sont plus élevées que dans le canton du Jura. Mais, partout, les prix restent extrêmement bas. Et ils se sont plutôt recroquevillés. Jusqu’à moins de 350?000 francs pour la maison type à Cœuve. Cinq fois moins qu’un objet analogue à Genève! Les gains de valeur sont l’exception. Si l’objet type vaut désormais 60′000 francs de plus à Bienne, il en a perdu 67′000 à Porrentruy, 75′000 à Saignelégier et 94′000 à Boncourt.
Les plus fortes progressions
Même un centre comme Bienne n’a pas connu d’envolée immobilière (+9% en sept ans pour la maison de référence). Si les valeurs se sont maintenues sur quelques communes, dans la toute grande majorité les prix ont chuté. Les baisses dépassent 10% à Bassecourt, Bure, Porrentruy ou Saignelégier, pour culminer à –19% à Boncourt.
L’avis de l’expert
«Le canton du Jura reste pénalisé par sa situation périphérique. Les différences sont finalement très faibles entre les meilleures localisations et les moins prisées. A preuve: la villa type coûte moins de 50% plus cher à Delémont qu’à Cœuve», signale Christelle Bérard, du CIFI.
Le regard rétrospectif
En 2001, les experts estimaient que l’ouverture de la N16 ne pourrait que «minimiser les dégâts plutôt que véritablement améliorer». L’autoroute n’étant toujours pas achevée, les présages se sont plus que confirmés.
Les autres objets
Les appartements en PPE ont perdu en valeur, comme les maisons individuelles. Seules les villas mitoyennes laissent espérer presque partout des plus-values. Ces dernières sont d’ailleurs plus substantielles que sur les objets indépendants mais plus anciens.
Genève: le jackpot dans tout le canton
Offre rare et demande plus que soutenue: la loi du marché s’est appliquée et les prix ont chauffé à Genève. Partout dans le canton. Y compris en campagne.
Les meilleures situations
Sans surprise: la rive gauche reste privilégiée. Depuis 2001, à Cologny, la villa type a presque doublé, à 1,8 million de francs. Partout l’objet considéré vaut au moins un million de francs. Sauf à Avully, dans la campagne, tout à l’extrémité du canton, où cette maison baisse de moitié, mais se négocie encore juste au-dessous de 900′000 francs. Gains de valeur en sept ans: plus de 840′000 francs dans le cas le plus favorable, 235′000 au pire…
Les plus fortes progressions
Outre Cologny (+91%), quatre autres communes affichent également une progression supérieure à 75%: Chêne-Bougeries, Anières, Vandœuvres, mais aussi Versoix (!). Même à Avully, la hausse dépasse les 5% annuels et aboutit à 37% depuis 2001.
L’avis de l’expert
«Tous les ingrédients d’une hausse sont réunis à Genève: la pénurie d’objets perdure alors que la demande ne cesse de croître depuis plusieurs années. Il était donc logique que les prix prennent l’ascenseur», analyse Christelle Bérard, du CIFI.
Le regard rétrospectif
Pour le coup, les spécialistes de l’immobilier avaient vu juste: malgré quelques frémissements liés aux turbulences boursières du printemps 2001, ils prédisaient à Genève «les plus fortes hausses de Suisse, avec Zurich». Ils avaient vu juste.
Les autres objets
Comme sur Vaud, les villas mitoyennes s’avèrent des investissements extrêmement juteux. Sur les quatre communes les plus cotées (Cologny, Chêne-Bougeries, Anières, Vandœuvres), leur valeur a pratiquement doublé en sept ans. Même là où la progression est plus retenue (Vernier, Meyrin, Lancy ou Avully), elle atteint toujours les 50%. Profil similaire pour les appartements en PPE: même en pleine campagne, le gain dépasse 150′000 francs.
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