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Comment devenir un bon orateur

Lundi, mars 10th, 2008

Mardi 28 mars 2007, bâtiment du Schiffbau à Zurich. Al Gore tient le microphone devant plusieurs centaines de personnes, réunies à l’occasion du Forum de l’OSEC Business Network Switzerland. #
L’ancien candidat à la présidence des Etats-Unis rappelle avec humour sa défaite face à George Bush et le difficile retour à la vie normale. La salle est hilare. Puis il parle, pendant près d’une heure, de la lutte contre le réchauffement climatique, ponctuant son discours d’anecdotes et de messages forts. Il est à l’aise,Al Gore. Son message est entendu. Le public est extatique.

Mais Al Gore, c’est Al Gore. Peut-on apprendre à séduire un auditoire sans être avocat, comédien ou ancien vice-président des Etats-Unis? Professeur de rhétorique à l’Université de Genève,Gabriel Aubertrépond par l’affirmative. «Il existe des règles fondamentales qui aident à construire, à formuler et à prononcer un discours devant un public. D’ailleurs, les manuels sur ce sujet se vendent très bien aux Etats-Unis. Et ce qu’ils disent, c’est ce qu’enseignaient déjà Aristote, Cicéron, Quintilien. »

«Plaire, émouvoir, convaincre», ce sont les buts du discours, comme les définissait l’Antiquité. Et c’est toujours le cas. Pour persuader ses interlocuteurs, il ne suffit pas de prouver ce que l’on dit, il faut aussi distraire et séduire. «On réduit souvent la rhétorique aux belles phrases, déplore Gabriel Au-bert. Pourtant, il n’y a pas besoin d’être un beau parleur pour pratiquer la rhétorique. Il faut avoir quelque chose à dire et le dire efficacement. »

En Suisse, l’enseignement général de la rhétorique a été repris pour la première fois à Genève en 2003; quelques autres universités ont organisé des cours dans leurs Facultés de droit. Mais ces dernières années la discipline a gagné en popularité. Lors du Festival de la Bâtie à Genève en septembre dernier, un programme spécial était consacré à l’art oratoire. Les concours se multiplient et intéressent un public qui dépasse désormais le cercle restreint des avocats. Et, lorsque l’ancien bâtonnier de Genève Marc Bonnant plaide ou parle de l’éloquence, il fait systématiquement salle comble.

Dans le monde des affaires, les principes de la rhétorique ont depuis longtemps été intégrés aux cours de communication et de coaching proposés aux managers. En Suisse alémanique,Harry Holzheufait figure de référence. Véritable gourou à l’anglo-saxonne, il anime régulièrement des séminaires et a publié de nombreux ouvrages sur la question. Son credo: il faut rester soi-même et ne jamais essayer d’imiter quelqu’un d’autre. «Un bon discours, c’est comme si l’on parlait à son meilleur ami, mais en élevant un peu la voix», dit-il.

COMMENT STRUCTURER SON PROPOS?

Avant tout discours, il faut identifier le public cible et le message que l’on veut faire passer. Le propos doit être réduit à deux ou trois points essentiels, éventuellement subdivisés en quelques sous-points.

Le ton du discours (solennel, informatif ou humoristique) dépendra du sujet et du public. Le bon orateur devrait mélanger différents styles au sein d’un même discours. «Mais il ne faut pas confondre style et fioritures, rappelle l’avocat genevoisCharles Poncet. C’est facile de faire des moulinets en abusant du subjonctif imparfait. Tout l’art consiste à savoir utiliser le mot juste. »

COMMENT DÉMARRER?

Il faut tout de suite capter l’attention du public. Dans la rhétorique classique, cette étape, appelée l’exorde, vise à attirer la bienveillance de l’auditoire et à lui donner envie d’écouter le discours. Certains orateurs cherchent à faire rire; d’autres commencent par évoquer un fait précis. «Il est important de se montrer modeste, ajoute Gabriel Aubert, mais il n’est pas nécessaire d’imiter certains Anglais qui font semblant de bégayer. »

COMMENT MAINTENIR L’ATTENTION?

«Il faut faire des phrases courtes. » Pour avoir interviewé des milliers de personnes, le journalistePascal Décailletsait que les meilleurs communicateurs s’expriment en termes simples. «L’exemple le plus frappant estPierre-Yves Maillard. Plutôt que d’enchevêtrer principales et subordonnées, il juxtapose ses phrases les unes aux autres. C’est très efficace. »

Producteur de films et ancien présentateur du téléjournal,David Rihsa gagné un prix d’art oratoire et intervient régulièrement en public. Pour lui, «un bon orateur doit laisser beaucoup de place à l’improvisation. La préparation consiste à avoir une bonne caisse à outils, dont les éléments sont interchangeables en fonction du moment et du public. La plus belle phrase écrite ne vaudra jamais la phrase de l’instant. »

COMMENT CONCLURE?

Comme pour n’importe quelle bonne histoire, il faut trouver la chute. «C’est le fameux saut périlleux arrière final qui laissera tout le monde bouche bée, résume David Rihs. Dans mon activité de producteur, je suis fréquemment amené à faire des présentations de projets de film devant des diffuseurs ou des directeurs de programme. Les règles de la rhétorique s’appliquent parfaitement dans ces situations, car on a peu de temps pour laisser une bonne impression. »

COMMENT SURMONTER LE TRAC?

Les meilleurs orateurs vous le diront: tout le monde a le trac. Il faut donc apprendre à l’apprivoiser. Pour démystifier la peur, il faut d’abord accepter de commettre des erreurs. «Le public vous pardonnera tout si vous lui parlez de façon sincère, dit Stéphane Garelli, professeur à l’IMD. C’est pourquoi il est important d’interagir avec la salle et de gagner son empathie dès le début. »

L’autre antidote au trac, c’est une bonne préparation. Un discours doit être répété inlassablement, et de plusieurs façons différentes, de manière que l’orateur identifie la meilleure formule. Winston Churchill, considéré comme l’un des meilleurs tribuns des temps modernes, avouait que chaque minute de discours lui prenait une heure de préparation.

QUELS SONT LES PIÈGES À ÉVITER?

Antoine Auchlin, linguiste à l’Université de Genève, donne un cours de formation continue consacré à la prise de parole. Parmi les erreurs qu’il observe, il y a les «euh» qui ponctuent régulièrement les interventions publiques. «C’est une façon pour l’orateur de s’assurer qu’il est encore là. J’essaie d’aider les gens à prendre conscience de ces mécanismes défensifs. Le but est de permettre à l’orateur d’être maître de lui-même. Chaque mot prononcé et chaque geste doit être le fruit d’un choix délibéré. »

Autre erreur fréquente: le regard fuyant. «Certaines personnes fixent le sol. D’autres balaient la salle du regard, sans jamais parler à quelqu’un en particulier. Ce n’est pas non plus la solution. Il faut choisir une personne à qui l’on adresse la parole et ne pas la quitter des yeux au milieu d’une phrase. On termine ce que l’on est en train de dire avant de basculer vers une autre personne. »

PEUT-ON LIRE UN DISCOURS?

En règle générale, non. Mais, encore une fois, tout dépend des circonstances. Steve Jobs, connu pour ses présentations extravagantes lors de chaque lancement de produit, a donné l’un des discours les plus marquants de sa carrière en le lisant de façon assez scolaire. C’était en 2005, devant les étudiants fraîchement promus de Stanford. Le patron d’Appley évoquait son parcours de vie sur un ton empreint d’une extrême émotion. En visionnant la vidéo sur Internet, on constate que la lecture amplifie la gravité du propos et la solennité du moment. Ici, la lecture sert clairement le propos. «Encore faut-il savoir lire un discours correctement, précise Gabriel Aubert, ce qui exige une grande pratique. » Le contexte culturel, lui aussi, peut jouer un rôle. «Les Américains tolèrent plus facilement un discours qui est lu, contrairement aux francophones. »

POWERPOINT OU NON?

«Powerpoint, c’est le retour du style lapidaire, observe Gabriel Aubert. Et je trouve cela magnifique!» Contre toute attente, le professeur de rhétorique classique en apprécie l’usage, surtout pour l’enseignement. «On voit que la nature a bien fait les choses, remarque-t-il, puisque Powerpoint vous oblige à trouver des formules qui tiennent en trois mots là où Internet vous inonde d’informations. » En tant qu’outil, Powerpoint peut donc se révéler diablement efficace pour forcer l’orateur à structurer sa pensée.

En revanche, le piège absolu consiste à se reposer sur sa présentation en négligeant tout le reste. Une page Powerpoint remplie de texte est à bannir. De même, une personne qui lit sa présentation perd immanquablement l’attention du public. Idéalement, Powerpoint ne devrait être qu’un outil pour celui qui prépare sa présentation.

Tout ce qui peut être dit avec des mots et sans support visuel devrait ensuite disparaître, de façon que seuls quelques chiffres, formules-clés ou illustrations subsistent. Comme le rappelle l’avocat Charles Poncet, «on ne va jamais émouvoir un auditoire avec une présentation Powerpoint».

«En Suisse, on valorise plus la négociation que le débat contradictoire»

Peut-on vulgariser l’enseignement de la rhétorique?

Oui, sans nul doute. Regardez ce qu’ont fait les Anglo-Saxons, commeDale Carnegie,qui a écrit le best-seller Comment parler en public. C’est Aristote en petites doses!

Mais tout le monde ne peut avoir l’éloquence des ténors du barreau genevois, qui passent pour des modèles absolus.

Vous pensez peut-être àMarc Bonnant. On ne peut que l’admirer, mais on ne saurait l’imiter. Marc Bonnant est un acrobate du verbe. J’enseigne la gymnastique. L’important, c’est de donner aux étudiants des outils pratiques.

Quels sont ces outils?

Il s’agit principalement de techniques de construction et de formulation du discours, ainsi que de présence devant l’auditoire. Cela s’apprend par des préceptes et la pratique.

Quel est le message principal que vous transmettez à vos étudiants?

Il faut établir le contact avec l’auditoire et, par conséquent, renoncer à lire le discours. En méditant son discours, l’orateur remplit le réservoir, comme disait Victor Hugo. Les mots lui viendront facilement quand il les cherchera. Peu importe s’il trébuche parfois.

Comment expliquer le peu d’importance accordée à l’expression orale en Suisse romande?

La culture politique de la Suisse valorise plus la négociation que le débat contradictoire. Mais c’est d’abord un problème culturel, davantage à Genève et dans le canton de Vaud que dans les cantons de tradition catholique, où l’enseignement du français est moins mauvais. Nous sommes au creux de la vague. Il faut rebondir.

Les stars du discours en Suisse

Les éloquents de la politique

En Suisse, c’est connu, on se méfie plutôt des beaux parleurs. Le résultat, c’est un pays qui ne brille pas par l’abondance d’orateurs exceptionnels. Hormis quelques stars du barreau, ceux qui sortent du lot ne sont pas légion. Le consultant zurichois Harry Holzheu établit chaque année un classement des meilleurs tribuns de Suisse. En 2007, il a retenu deux conseillers fédéraux:Christoph Blocher(que de nombreux experts considèrent comme l’un des meilleurs rhétoriciens du pays) etMoritz Leuenberger(connu en Suisse alémanique pour ses discours bien ficelés et sa gestuelle théâtrale).

Côté romand, le conseiller d’Etat socialiste vaudois Pierre-Yves Maillard est fréquemment cité comme l’un des meilleurs orateurs du monde politique.

Les vendeurs charismatiques

Dans cette catégorie, on trouve des personnalités comme le fondateur deSwatch,Nicolas Hayek, ou le directeur de l’Ecole cantonale d’art de Lausanne,Pierre Keller. Autre vendeur hors pair, le patron des montres Hublot,Jean-Claude Biver. Fréquemment invité à donner des conférences dans le monde entier, il prend un malin plaisir à se présenter devant son public sans la moindre préparation. «J’arrive et je parle. C’est seulement quand j’entre dans la salle que je commence à réfléchir à ce que je vais dire!» Et de souligner les avantages de sa méthode: «Je module mon discours en fonction des réactions du public. Et, si je présente le même sujet devant des Allemands de l’Est et une seconde fois devant des Napolitains, je vous assure que le résultat n’est pas du tout le même!»

Les orateurs modèles

A l’opposé du showman instinctif, on trouve des personnalités comme le psychiatre et aérostierBertrand Piccard, dont les interventions publiques sont toujours parfaitement huilées. Le Vaudois est l’un des rares Suisses, avec le professeurStéphane Garelli, de l’IMD, à être répertorié dans les agences internationales de speakers. Sur le site www. speakers. co. uk, on apprend que chaque intervention de ces communicateurs professionnels coûte entre 12 500 et 20 000 euros.

Parmi les grands patrons romands, le fondateur deLogitech,Daniel Borel, fait également figure d’orateur modèle. Harry Holzheu souligne la «grande classe» de ses prestations publiques, qui auraient largement contribué à faire de ses produits des objets cultes.

WEF: la meilleure école de communication au monde

Lundi, mars 10th, 2008

PowerPoint interdit!#
Le Forum économique de Davos n’a rien contre les technologies de communication. Au contraire. Mais pourKlaus Schwab, fondateur du WEF, et son équipe, pas question de laisser managers, économistes et autres experts utiliser l’outil informatique qui formate les présentations dans les entreprises. Davos est un espace de dialogue, pas une tribune ou une chaire du haut de laquelle sont dispensés des cours magistraux. Pour les quelque 2500 participants qui vont se retrouver ces jours dans la station grisonne, c’est ainsi une véritable école de communication.

Avec un participant sur cinq qui vient des médias et la couverture de quelque cinquante chaînes de télévision, pourrait-il en être autrement? D’autant que les places étant limitées, la plupart des managers sont invités à laisser leurs directeurs de communication en dehors du centre de conférences de Davos. Toutefois, c’est avant tout le style des discussions menées à Davos qui en fait un exercice de communication particulier.

Le CD-ROM distribué aux participants qui ont une fonction d’orateur permet de s’en faire une idée. Il y est précisé en introduction que le style des discussions doit demeurer spontané. Cela exclut les discours préparés. Les trois types de conférences qui se tiennent à Davos sont aussi participatives que possible: discussions entre un panel d’experts puis questions du public dans le cas des sessions plénières, discussions directes entre un panel et le public dans le cas des sessions interactives, et discussions entre participants dans le cas des ateliers.

Ces derniers, qui font plancher simultanément une dizaine de personnes dans une dizaine de groupes sur un même sujet, offrent plus de chance à la spontanéité et à l’émergence de nouvelles idées. Ils sont privilégiés cette année. Cela tombe bien puisque le thème principal de l’édition 2008 est précisément la création collaborative.

D’une certaine manière, c’est un thème qui synthétise l’esprit de Davos depuis sa création en 1971. Le dialogue, fécond si possible, est au cœur des préoccupations de Klaus Schwab. Il le défend bec et ongles. Ainsi ses collaborateurs se souviennent-ils de sa colère froide après l’intervention du vice-président iranienParviz Davudilors de l’édition européenne du WEF 2006 à Istanbul. En substance, Klaus Schwab reprochait à son invité de n’avoir délivré qu’un discours de propagande là où il attendait une discussion ouverte.

Le risque du consensus mou

Le dialogue, souvent entre des gens qui ne se connaissaient pas et dans un esprit de grande liberté intellectuelle – une idée avancée dans un atelier ne sera pas retenue uniquement si ses contradicteurs trouvent au moins deux arguments contre – est, il est vrai, une des origines du succès de Davos. Pour s’assurer de la qualité et de l’intensité des discussions, le WEF a même formalisé divers rôles lors des discussions. Des modérateurs se chargent d’animer les conversations entre panélistes. Des challengers sont présents pour jouer le rôle de provocateur et faire émerger les controverses. Des facilitateurs et des discussions leaders se chargent d’organiser et d’animer les ateliers de brainstorming. Le risque est, bien sûr, que ces dialogues n’aboutissent qu’à dégager des consensus mous. De là vient le reproche parfois avancé par les détracteurs de Davos de n’être qu’une fabrique de la pensée unique. En s’ouvrant ces dernières années aux organisations non gouvernementales, aux religieux et à d’autres représentants de la société civile, le forum s’est cependant progressivement dégagé de cette critique. Depuis quelques années, il s’est aussi emparé des nouvelles technologies d’Internet pour élargir le dialogue et faire entendre la voix de ceux qui ne sont pas à Davos. Ainsi, si en 2001 la projection d’e-mails par des lasers sur les montagnes grisonnes pouvait encore apparaître comme un gadget, le forum espère désormais beaucoup des technologies du Web 2. 0 pour élargir sa participation.

Davos sur YouTube

En 2003, le WEF a commencé à introduire les webcasts et autres podcasts pour ouvrir l’accès à ses débats. L’année suivante, il tente le blog, mais, animé par le service de presse de l’organisation, l’initiative ne rencontre qu’un succès limité. L’an dernier, Davos se rend présent sur le Second Life.

Ainsi, ce n’est que cette année que le forum tient vraiment une chance d’élargir sa plate-forme de dialogue aux internautes, grâce à YouTube, sur lequel l’organisation a transféré ses vidéos en juin dernier. En décembre, les 435 webcasts du forum avaient été diffusés 250 000 fois sur la plate-forme vidéo. Une initiative retient en particulier l’attention, la «Davos Question» qui, diffusée sur YouTube, a été téléchargée 500 000 fois en un peu plus d’un mois. Chacun a donc la chance de pouvoir donner son opinion sur la question de savoir ce que les entreprises, les pays ou les individus peuvent entreprendre pour faire du monde un meilleur endroit en 2008.

Il reste bien sûr à savoir comment les dirigeants d’entreprise ou les leaders politiques répondront aux questions ou propositions exprimées par un public aussi large. Mais croire qu’ils éviteront les questions dérangeantes revient à ne pas comprendre la raison d’être de Davos, et peut-être le secret de sa longévité.

La mauvaise piste du vedettariat

Dès le milieu des années 1970,Peter Druckermontrait que les dirigeants d’entreprise passaient plus de 70% de leur temps à communiquer. Or, comme le remarqueNicole d’Almeida,professeure de communication à la Sorbonne à Paris, «les processus des entreprises devenant de plus en plus complexes, les dirigeants ont de plus en plus de mal à expliquer ce qu’ils font. »

Il y a dix ans, la difficulté était contournée par une forme de vedettariat des chefs d’entreprise. L’attribution du Nobel de la paix àAl Goreen 2007 pour donner une visibilité aux experts restés dans l’ombre du Groupe international sur le climat (GIEC) montre que ce type de stratégie de personnalisation a encore de beaux jours devant lui. Mais après quelques essais de «pipolisation» de la vie économique, avec notamment la présence deSharon Stoneou d’Angelina Jolie, le Forum de Davos semble, lui, avoir abandonné cette piste.

«Aujourd’hui, les dirigeants d’entreprise doivent montrer que ce qu’ils font dépasse la seule création de valeur économique, poursuit Nicole d’Almeida. Ils doivent prouver qu’ils portent des valeurs et ne vendent pas seulement des produits. » C’est ce qui explique que certaines des sociétés présentes à Davos depuis des années, comme les cimentiersHolcimouLafarge, sont désormais si engagées dans la défense de l’environnement ou des droits de l’homme. Quelle meilleure plate-forme pour communiquer leurs messages que le World Economic Forum, dont la devise est précisément d’améliorer l’état du monde?